«J’aimerais voir plus de femmes jouer»

Même si le milieu des jeux vidéo prend toujours plus d’ampleur, les femmes y sont encore largement sous-représentées. On a parlé à l’une des rares membres de la plus grande équipe suisse de sport électronique.

De manière générale, les femmes jouent un peu moins que les hommes. C’est non seulement ce qui ressort de l’étude JAMES de la ZHAW, selon laquelle les garçons seraient trois fois plus nombreux que les filles à jouer aux jeux vidéo pendant leur temps libre, mais c’est également ce qu’on observe dans le milieu du sport électronique. On ne voit que rarement des athlètes féminines participer aux tournois.

Même sur mYinsanity, dans la plus grande équipe suisse de sport électronique, les rares femmes sont plutôt actives derrière les coulisses et ne se retrouvent pas devant la caméra. Afin de comprendre pourquoi, on a rencontré Vanessa Trieb (aka Sharelia), un jeune talent sur mYinsanity et une joueuse passionnée. Polygraphe de formation, elle a démarré avec le jeu vidéo de tir multijoueur «Overwatch», mais se concentre actuellement sur «PlayerUnknown’s Battlegrounds» – un jeu multijoueur, dans lequel une centaine d’adversaires s’affrontent pour rester en vie sur une zone se réduisant toujours davantage. Si tu as envie de la voir jouer, tu la trouveras sur Twitch, sur Twitter ou sur Instagram.

Comment es-tu entrée dans le monde du jeu vidéo?

Je devais avoir entre 14 et 15 ans. J’ai découvert ça à travers Youtube. Je suis tombée sur «Lets Play» et j’ai trouvé ça cool. J’ai commencé avec «Assassin’s Creed Brotherhood». C’était un peu brutal. Il s'agit de tuer, tuer, et encore tuer, pour ainsi dire. Mais c’est à travers ce jeu que j’ai vraiment démarré. Puis j'ai élargi ma collection de jeux.

Comment es-tu arrivée chez «Myinsanity»?

Je suis très heureuse d’avoir été acceptée dans cette organisation d’e-Sport. Je suis tombée sur Myinsanity par hasard. J’ai cherché des organisations qui avaient besoin de nouveaux streamers pour leurs jeux, et j’ai trouvé leur site web. On a pris contact et on a regardé où ils pourraient m'utiliser. C'est vraiment cool d'être là.

Que fait une organisation e-Sport?

Myinsanity est très active. Ils organisent des «LAN-partys» (ndlr: tournois en réseau). Ils ont beaucoup d'athlètes sous contrat et un grand club avec des jeux comme Tekken, Overwatch, Counter Strike…

A quoi ressemble la scène e-Sport en Suisse?

Depuis que j'ai rejoint Myinsanity, tout se passe vraiment bien. Il y a la nouvelle «Swiss eSports League» qui organise de nouveaux tournois. C'est certainement un grand progrès. Bien sûr, pour l’instant l'ESL est encore mieux connue que la ligue suisse. Les matchs sportifs en ligne de la SRF sont aussi diffusés, ce qui nous permet de gagner en portée.

Y a-t-il beaucoup de joueuses?

Il y a beaucoup de joueuses, mais elles sont inconnues. Cela signifie qu'elles ne sont pas diffusées en streaming ou qu'elles ne font partie d'aucune organisation. Je connais beaucoup de joueuses dans mon entourage. Mais elles ne jouent pas en streaming.

Est-ce qu’on te colle l’étiquette de «nerd»?

Beaucoup pensent qu'on ne fait que buter des gens en ligne. Cela nécessiterait un léger éclaircissement. Avec les femmes c’est un peu différent. Beaucoup de mecs trouvent ça cool qu’une femme joue. Et d'autres, par contre, pensent que je suis un rat qui ne quitte jamais la maison.

Est-ce qu’on devrait encourager les femmes à jouer davantage?

Les organisations e-Sport devraient engager plus de femmes. Bien sûr, je suis contente quand il y a une autre femme dans une équipe. J'aimerais que ce soit normal et non une exception. Pas qu’on dise: «Oh regarde, ils ont une femme dans l'équipe!» Ça devrait être normal.

Qu’est-ce que tu souhaites pour l'avenir de l’e-Sport?

Je serais heureuse si plus de femmes rejoignaient cette discipline. Elles ne devraient pas être intimidées par la majorité masculine. Il faut passer au-dessus de tout commentaire stupide et avoir confiance en soi.


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3 Commentaires

Gameuse depuis longtemps il y a 7 Mois
J'ai presque 40 ans, du coup ici, je suis une "vieille" mais, une "vieille gameuse". Pour moi le problème c'est n'est pas tant le sexisme, il y en à un peu par tout, mais la compétition. J'adore jouer mais, je n’éprouve nullement le besoin de prouver à qui que ce soit que je suis aussi douée que lui, ou elle, précisons à cette occasion, que dans le cerveau, c'est la testostérone qui est responsable du goût de la compétition. Pour ce qui est du sexisme, le conseil d'une vieille, c'est un excellent indicateur de intelligence de votre interlocuteur, l’intelligence et la curiosité vont souvent de pair, un vrai intelligent sera ravi de rencontrer une autre personne comme lui/elle quelqu'un de curieux et enthousiaste, un faux, se cachera derrière les clichés et les idées reçues. Et si vous devez jouer contre quelqu'un comme ça, alors vous avez déjà un sacré point faible à exploiter pendant la partie. Une fois laminé, ratatiné, écrasé par terre, rappelez lui les clichés qu'il vous à sorti. Vous verrez, ça fait un bien fou, à défaut de pouvoir changer sa mentalité, utilisez-la contre lui.
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gamer il y a 7 Mois
Des filles qui jouent il y en a plein, sauf qu'au niveau compétitif y'a pas photo c'est dominé par les hommes. Les filles n'aiment pas trop afficher leur côté "gameuse" je crois que c mal vu.
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Réponse du Une gameuse il y a 7 Mois
Vu le sexisme qui règne dans le milieu des jeux vidéos, faut pas s'étonner
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