«Être gros n’est pas beau»

À la base, la marque de mode LPA voulait délivrer un message contre le bodyshaming. Mais le coup est parti dans l’autre sens.

Le bodyshaming (honte à cause de son apparence physique) ne devrait plus être un sujet de discussion. Qu’ils soient gros, minces, grands, petits, poilus, tatoués ou cicatrisés, tous les corps sont, d’une certaine manière, beaux. Même si tu ressembles à un poisson-globe, il y aura toujours quelque chose de rayonnant chez toi.

Mais comme c’est actuellement considéré comme incroyablement branché de faire l’éloge des poignées d’amour comme étant le nouvel idéal de beauté dans une approche du politiquement correct forcé – même si la notion d’idéal de beauté universelle ne devrait plus exister –, de nombreuses marques misent, depuis quelques années maintenant, sur la carte de l’«anti-grossophobie». Il leur arrive, à l’occasion, de se tirer elles-mêmes une balle dans le pied, comme viennent de le faire LPA et le magasin en ligne Revolve avec une nouvelle collection de vêtements.

Une déclaration contre les trolls

Mercredi, Revolve a mis un pull-over en ligne, prétendument un peu prématurément. Celui-ci portait l’inscription: «Being fat is not beautiful, it’s an excuse» («Être gros n’est pas beau, c’est une excuse»). Aïe. La communauté d’internautes a réagi comme on l’attendait d’elle. En à peine quelques heures, cela a donné lieu à un véritable tollé. À la tête du mouvement de protestation se trouvaient le mannequin pour grandes tailles Tess Holliday et l’artiste féministe Florence Given. «Lol, Revolve, vous êtes fichus», a écrit Holliday sous une capture d’écran.

L’indignation reposerait cependant sur un malentendu. En fait, avec sa nouvelle collection, l’objectif de la marque LPA n’aurait pas été de ridiculiser les personnes bien portantes, mais de dénoncer le bodyshaming. L’inscription serait en fait un commentaire qu’aurait entendu le mannequin pour grandes tailles Paloma Elsesser. Quand on y regarde de plus près, on remarque en effet l’inscription «as told to @palomija» («comme dit à @palomija») en tout petits caractères.

Une mise en ligne prématurée

Florence Given a demandé des explications à LPA via Instagram et a publié la conversation. «La collection est une collaboration avec cinq femmes (ndlr: dont Lena Dunham) avec les pires citations de trolls», écrivent les auteurs, selon lesquels l’objectif était de dénoncer la cyberintimidation. Ce serait donc parti d’une bonne intention avec une mise en œuvre catastrophique. Le fait que le pull soit porté par un mannequin mince n’arrange pas les choses.

Après la plainte d’Elsesser, à qui la citation était adressée, LPA a décidé d’annuler toute la collection et a officiellement présenté ses excuses. Le pull-over aurait été mis en ligne prématurément, d’où le manque de contexte – c’est ainsi que serait né le malentendu. Mais Florence Given ne se dit pour autant pas satisfaite et écrit: «Le monde de la mode a toujours un problème avec les corps bien en chair.»


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1 Commentaire

il y a 12 jours
Etre con n'est pas une excuse, c'est juste une tare...
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