Vaginisme: quand les relations sexuelles sont extrêmement douloureuses

Sonja souffre de douleurs atroces pendant les relations sexuelles. La majorité des gens ignorent que cela s’appelle le vaginisme. La jeune femme nous parle de sa maladie, qui rend l’intimité quasiment impossible.

Cela fait treize ans que Sonja, Hambourgeoise de 29 ans, se bat contre des symptômes douloureux. Depuis peu, elle sait qu’il existe un nom pour cela: elle souffre de vaginisme. Il s’agit d’une contraction involontaire du vagin ainsi que des muscles du plancher pelvien, survenant surtout pendant les relations sexuelles, et dont les causes n’ont été que peu recherchées jusqu’ici. La simple utilisation d’un tampon peut devenir un problème en cas de vaginisme et les relations sexuelles deviennent quasiment impossibles, en raison des contractions. Sonja a accepté de nous raconter comment elle vivait avec sa maladie et les difficultés qu’elle rencontrait dans sa vie de couple.

Sonja, parle-moi de ta maladie.

Chez moi, cela a été déclenché par un traumatisme infantile: j’ai été abusée sexuellement, certainement par quelqu’un de ma famille. Jusqu’à mes 16 ans, je n’en savais rien et aujourd’hui encore j’ai un trou de mémoire couvrant dix ans de mon enfance. Malheureusement, tous les mécanismes de défense que le cerveau peut mettre en place pour survivre aux traumatismes viennent à se fissurer un jour. C’est ainsi que les symptômes ont commencé à se déclarer.

Comment vis-tu ta sexualité?

Je n’ai pas de vie sexuelle - une situation qui me rend folle mais qui me laisse indifférente en même temps. Ma sexualité est complètement détraquée. La sensation de plaisir n’existe pas, en raison des douleurs et de la peur. Et quand je veux essayer malgré tout, que ce soit avec mon partenaire ou en me masturbant, la maladie m’en empêche. Ce n’est pas possible sans que je me contracte, que la peur monte et que les douleurs m’envahissent.

Comment cela influence-t-il ta relation de couple?

Cela pèse très lourd sur ma relation - le sexe est un sujet important pour nous deux. S’abandonner, faire confiance à l’autre, se sentir proche et faire le plein d’amour. Malheureusement, cela fait longtemps que ce n’est plus ainsi. Mon partenaire est à mes côtés, il me soutient et m’aide encore et encore à trouver de nouvelles approches du sujet. Nous essayons de nouvelles choses, nous tentons différentes possibilités de relaxation, nous essayons simplement d’avancer petit à petit contre ces symptômes.

Des fois, cela fonctionne et je peux vraiment en profiter. Mais dans 98% des cas, cela échoue en raison des symptômes. J’ai mauvaise conscience maintenant, par rapport à lui. Je ne peux plus lui donner les choses qu’il aime et dont il a besoin. La proximité et le sentiment d’être désiré lui manquent, ce que je comprends tout à fait.

Tu es devenu maman il y a peu. Qu’est-ce qui a changé depuis?

Nous avons un bébé depuis huit mois maintenant. Il a été conçu à un moment où les techniques de relaxation ont fonctionné. Malheureusement, la naissance m’a fait retomber dans le traumatisme. Le passage de la tête a causé un sentiment tellement empiétant que cela a créé une connexion émotionnelle avec ce qui m’était arrivé à l’époque. Depuis, les symptômes sont redevenus très importants. Je ne peux même pas embrasser normalement mon partenaire sans que cela me coupe la respiration. J’ai très peur des moindres attouchements.

Les douleurs sont continuelles? Quand est-ce qu’elles apparaissent?

Les douleurs démarrent quand je pense au sexe et à l’intimité. Et comme je suis devenue extrêmement sensible en ce qui concerne ce sujet, j’y pense au moindre attouchement. Pas positivement, mais avec des pensées négatives, qui me mettent la pression et me font peur, car à chaque attouchement je pense qu’on va me demander du sexe.

Comment peut-on traiter le vaginisme?

Il s’agit surtout d’apprendre à se détendre. Il y plusieurs méthodes pour «étirer» le vagin et s’habituer ainsi aux sensations, aux douleurs. Des exercices pour le plancher pelvien peuvent aussi aider. Il n’y a pas de pilule contre cela. Il faut être patient et approcher le sujet avec beaucoup de patience en prenant tout son temps.

Le mieux, c’est sans doute d’essayer différentes méthodes, pour voir laquelle est la plus efficace. Dans mon cas, comme il y un traumatisme plus lourd caché derrière les symptômes, je vais bientôt commencer une nouvelle thérapie. J’espère ainsi retrouver ma sexualité et réduire les symptômes grâce à la compréhension et au traitement.


Écris un commentaire

19 Commentaires

une femme il y a 3 Mois
La meilleure des façons c'est d'accepter d'être aimé et respecté. Le corps ne supporte pas d'être oublié abandonné maltraité et le cerveau l'enregistre si bien qu'il tourne en boucle. Trouver des personnes qui nous respecte et savent aimer c'est cela que le corps réclame jusqu'à se tuer lui même, le corps est très puissant tous autant que le cerveau. Le cerveau tourne et tourne en rond. Le corps lui sait guérir les maux. Faire de la danse, de la poterie, peinture, nager sentir des huiles essentielles,aller dans la nature, faire la cuisine et s'en remettre au corps lui faire confiance sur ce qu'il a vécu retrouver l'instinct de la vie la ou la mort la emporté. Le corps c'est lui qui souffre la pensé elle peut s'évader pendant les abus. Ne pas aller voir des gens qui ne vous soutiennent pas et qui doute de vous car cela envoie des messages contradictoires à votre propre envie de guérison. L'abus, la maltraitance, la méchanceté peut faire des maladies auto-immunes, Je le constate autour de moi.J'ai cru être malade moi aussi, pourquoi moi suis je coupable personne ne m'aime, je veux plus exister etc.. Oui moi je m'aime avant tout. C'est la réponse que le corps et la pensé attende et qui va les unirent à jamais. J'ai effectué une psychothérapie interminable creusé dans les profondeurs de mon être pour me rendre compte que seul la légèreté de mon âme pouvez m'aider à sortir du drame et accepter d'oublier et de renoncer à ce justice soit rendu, la vie s'en chargera c'est nécessaire et vital de se retourner vers soi-même. La vie est précieuse et l'accueillir et un premier pas. Ne pas avoir peur de s'aimer et de se recoudre soi-même quand on nous a découpé de l'intérieur. (faire un objet avec du tissu si nécessaire pour la symbolique). J'écris ce texte comme un cadeau pour tous ceux qui ont eu mal juste d'être sur terre.Car moi aussi j'ai vécu la morsure du monstre de la famille qui est caché et parait beau en société. Aujourd'hui après 38 ans je peux dire que je me connais et m'apprécie comme une bonne personne que j'admire d'avoir survécu à tous ce qui aurait du me tuer déjà enfant. J'ai l'histoire la plus horrible mais ce n'est pas l'histoire qui ma crée c'est l'amour que je me suis construit et donné .Merci la vie. Merci d'avoir fait ce papier.
2
0
Réponse
Astrid M il y a 4 Mois
il existe aussi un traitement préventif pour une bonne partie des cas de vaginites futurs: lutter contre la pédophilie qui en est la cause. si un (ou une) connard vous dit que la pédophilie ce n'est pas si grave, faites lui lire cet article pour lui en montrer certaines conséquences..
11
0
Réponse
nina il y a 4 Mois
si c'est chronique, cela peut etre une cause physique allant du nerf pincé a l'allergie au latex (si si...)en passant par tout le panel déja décrit... si c'est uniquement suite a une émotion, là c'est psychologique.. courage a vous en tout cas.
6
0
Réponse
A.M. il y a 4 Mois
Les injections de toxine botulique dans les muscles du vagin est un traitement très prometteur, j'en ai moi-même fait l'expérience. Cela empêche les muscles du vagin de se contracter et permet, couplé à un suivi par un sexologue, de reprendre confiance petit à petit. De plus, la toxine se résorbe après environ 6 mois et on peut renouveler les injections si nécessaire. Malheureusement, ce traitement n'est pas encore reconnu par les assurances maladies, il faut donc payer pour se faire traiter, ce qui peut être un frein. Personnellement, ça m'a énormément aidé, même si je ne suis pas encore sortie d'affaire. Je ne peux que conseiller à celles qui en souffrent d'en parler à leur gynécologue et sexologue.
11
0
Réponse
Mets ton pote trop bronzé dans la machine à laver

Mets ton pote trop bronzé dans la machine à laver

Même Cendrillon pourrait être une esclave sexuelle

Même Cendrillon pourrait être une esclave sexuelle

Des cartes postales odieuses mais charmantes

Des cartes postales odieuses mais charmantes

Et si Jésus avait eu un iPhone?

Et si Jésus avait eu un iPhone?