Le streaming «illégal» reste légal

Légal ou illégal, tout ça t’est bien égal? Un avocat t’explique si tu as le droit de regarder gratuitement des séries en streaming sur internet et pourquoi l’industrie du film a sa part de responsabilité en matière de piratage.

Si tu n’as pas su convaincre ton ex de te laisser utiliser son compte Netflix pendant encore quelques mois après votre séparation et que tu refuses de claquer ton salaire d’apprenti ou de stagiaire pour régler la facture Swisscom TV, c’est que tu regardes assurément tes séries préférées en streaming. Après la récente décision de la cour de justice européenne de rendre illégales les box télé capables de capter en streaming, on s’est renseigné pour savoir où se situait la Suisse à ce niveau. Mais avant que ta paranoïa et ta mauvaise conscience prennent le dessus par rapport à la pauvre industrie du divertissement, on voulait être rassurant, car jusqu’ici, tout va bien.

Sites internet en streaming

La plupart d’entre nous se connectent sur des sites de streaming tels que kinox.to ou bs.to pour satisfaire leur besoin de voir le dernier film. «Dans l’absolu, ceux qui passent par ces sites de streaming n’ont rien à craindre», déclare l’avocat spécialisé en droit informatique et des médias, Martin Steiger. C’est valable tant pour «Gossip Girl» ou «Stranger Things» que pour les retransmissions d’émissions sportives.

L’avocat suppose que cette situation ne devrait vraisemblablement pas changer dans les années à venir. La révision des droits d’auteur suisse concernerait avant tout les fournisseurs et les administrateurs de sites en streaming et non les consommateurs. Concrètement, ça signifie que tu peux arrêter de stresser et continuer à regarder ta série préférée sans crainte.

Téléchargement de films

Les collectionneurs parmi nous tiennent à remplir la mémoire de leurs disques durs externes avec pléthore de films, même s’ils n’en regarderont jamais la moitié. Martin Steiger explique: «Il n’y a rien à craindre non plus en matière de téléchargement». Ceux qui partagent des films avec leurs amis ou des membres de leur famille, n’ont pas à craindre de répressions de l’Etat. Néanmoins, cela devient un problème si tu décides de faire des copies de films et d’imprimer toi-même les jaquettes pour les écouler sur le marché noir.

La situation est légèrement différente quand tu télécharges des films. Ce qui, à priori, a l’air d’un passe-temps pour geeks, est non seulement le concept des sites de partage de fichiers tels que Torrent, mais est également activé par défaut dans de nombreuses applications. «Le téléchargement de films volés est foncièrement illégal», précise Martin Steiger. «Après la révision des droits d’auteur, il se pourrait qu’on en arrive aussi à des avertissements en masse en Suisse, comme c’est à l’ordre du jour en Allemagne.

Avertissement à l’étranger

On a déjà eu des cas dans lesquels des Suisses ont eu un avertissement parce qu’ils avaient piraté des films à l’étranger. Alors, réfléchis-y à deux fois avant de vouloir encore rapidement télécharger des films sur ta tablette depuis ta chambre d’hôtel pour les regarder dans l’avion. Tu peux tout aussi bien tuer le temps en jouant à «Candy Crush» durant ton vol.

L’industrie du film a sa part de responsabilité

Le fait qu’on trouve encore des sites de streaming sur internet ne serait pas seulement dû au fait que les serveurs soient localisés dans des pays où le recours à la justice est compliqué, mais aussi à l’industrie du film elle-même. Martin Steiger affirme: «Si on veut être mauvaise langue, on pourrait dire que les sites de streaming sont du pain béni pour l’industrie du divertissement qui peut ainsi revendiquer un renforcement des droits d’auteur».

D’après lui, l’industrie cinématographique aurait aussi sa part de responsabilité dans le fait que le piratage connaisse une telle croissance. «Les gens sont foncièrement disposés à payer, c’est ce qu’on constate notamment avec le succès de Spotify ou d’Apple Music et avec les chiffres en baisse dans le domaine du piratage de musique. Rien d’étonnant à cela, puisque le consommateur peut aisément télécharger pratiquement tous les morceaux qu’il souhaite contre paiement», prétend Steiger. «Si on souhaite, néanmoins, prendre un abonnement pour remplacer sa filmographie, on s’aperçoit très vite qu’il est difficile de trouver un prestataire qui couvre l’intégralité des offres. Et rares sont les personnes disposées à payer plusieurs services cinématographiques.»

Il manque un abonnement complet

À ce propos, on pense que l’avocat a entièrement raison. Le seul fait que l’industrie de la musique, d’habitude controversée, ait une bonne image dans le domaine du streaming devrait faire réfléchir. S’il existait un abonnement offrant toutes nos séries préférées en streaming de bonne qualité, on serait d’accord d’y mettre le paquet. Mais aussi longtemps que Netflix et consorts continuent de retirer occasionnellement des séries de leur offre, le piratage n’est pas prêt de disparaître.


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3 Commentaires

Rouge il y a 5 Mois
Je pense qu'il y a une imprécision (de traduction?). Je pense que la 2e fois, l'article parle 'd'upload' pas de 'download'.
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Réponse
Rivqah il y a 5 Mois
Mais..... Vous vous contre-disez au sujet du telechargement.... Alors ? Legal ou pas de telecharger si on garde pour nous ?
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Réponse
Réponse du Rub il y a 5 Mois
Le téléchargement en direct est légal. C'est à dire depuis le serveur sur votre PC. Par contre le téléchargement via torrent est illégal car quand vous téléchargé en peer-to-peer les données téléchargé sur votre ordinateur sont également disponible pour d'autres utilisateurs peer-to-peer donc vous mettez à disposition des données qui ne vous appartient pas, la lois sur les droits d'auteur entre en compte.
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Réponse
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