Il est invalide et possède un sex shop

Un invalide de 26 ans, Michel Abegg, conquiert le marché érotique suisse. Nous sommes allés lui rendre visite à Berne, dans son magasin, Girl and Boyshop.

Au quatrième étage d’un simple immeuble de bureaux, dans la zone industrielle de Berne, se trouve le Girl and Boyshop. Ce petit magasin est l’adresse par excellence pour tous ceux qui cherchent à améliorer leur vie sexuelle avec des jouets sexuels et des accessoires de qualité.

«Nous sommes là pour tout le monde – que vous soyez hétéro, homo, bi ou trans», explique le propriétaire, Michel Abegg. Le jeune homme de 26 ans, qui porte des lunettes aussi épaisses qu’un cul de bouteille, nous accueille avec le sourire et nous montre fièrement son domaine, qu’il a monté seul, avec ses propres moyens et ressources.

Besoin d’une occupation

Des godes et des vibromasseurs de toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes les tailles, des balançoires «spéciales sexe», des poupées gonflables, des fouets, des menottes et plein d’autres accessoires remplissent le petit magasin. Michel nous raconte son histoire, non sans fierté. Après avoir arrêté – «presque terminé» – un apprentissage de jardinier paysagiste, il s’ennuyait.

Il touche depuis toujours une pension d’invalidité, en raison d’un grave problème de vision. S’il voulait, il pourrait donc rester tranquillement chez lui à attendre des jours meilleurs. Mais ce n’est pas son genre, comme il le dit lui-même: «J’ai besoin d’une tâche. Je me la suis donnée moi-même, avec mon magasin.»

Un concept intelligent pour obtenir du capital

Tout a commencé par un service en ligne d’expédition d’articles érotiques, son salon lui servant de bureau. Aucune dette à la banque, peu de capital de départ. «J’ai ouvert le magasin en ligne. Quand je recevais une commande, j’allais dans le sex-shop le plus proche, j’achetais les articles et les expédiais à mes clients avec un supplément de 10 francs.

Intelligent! De cette façon, Michel a pu mettre assez d’argent de côté pour ouvrir son magasin il y a deux ans – «20 minutes» en avait parlé. Il achète désormais auprès de distributeurs du monde entier, à des prix corrects. «Au début, nous n’avions que des articles pour homosexuels. Désormais, nous servons tout le monde. Les articles BDSM sont très demandés, notamment. Des accessoires pour l’urètre ou pour les testicules. Et des dessous pour hommes!»

Ses amis font partie de sa clientèle

Son idée à l’air de fonctionner. «Le commerce marche bien. Ça pourrait être mieux évidemment, mais je n’ai pas de pertes et je peux payer mes frais généraux. Mon but est de ne plus avoir besoin de la pension d’invalidité. Peut-être aussi déplacer le magasin vers un endroit plus central. Mais il faut pouvoir payer le loyer», dit-il en riant.

Mais au fait, que pensent sa mère et ses amis du fait que Michel – qui, en raison de son handicap, n’a même pas le droit de conduire – est passé du statut de quémandeur à celui de gérant d’un magasin porno? «Ils sont enthousiastes et mégafiers.  Beaucoup de mes amis sont clients chez moi – ils sont bien placés maintenant.»


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31 Commentaires

Il ne faudrait pas oublier il y a 7 Mois
que c'est la société, pratiquement dans on ensemble, qui rejette les personnes en situation de handicap (et d'autres aussi) parce pour beaucoup accepter la différence est quelque chose de surhumain et pas dans les normes. Il faut être capable de regarder avec d'autres yeux que ceux des collectivités. Avoir de l'empathie en fait aussi partie et c'est, aujourd'hui, ce qui manque si cruellement dans cette vie. Même les éducateurs sont formatés pour réagir de façon hyper réfléchie.
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Michael from the World il y a 7 Mois
C'est la société qui le range dans la case invalidité car sa vision est particulièrement mauvaise. Il est à l'aise avec les sextoys et autres accessoires en relation avec le sexe et il a développé son entreprise. On a une leçon à retenir. On doit redéfinir le mot "handicapé" et se rendre enfin compte qu'un handicapé justement peut travailler aussi bien qu'un valide. Dommage
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Réponse du Astrid M il y a 7 Mois
oui et non ce sont les critères qui sont peut etre à revoir...michel petrucciani etait un virtuose du piano, par exemple.. si un handicap n'a rien d'incompatible avec un métier, comme paraplégique et comptable, il faut en tenir compte..
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Florian Degoumois il y a 7 Mois
Ce qui est triste avec ce journal, c'est qu'il donne le droit à un commentateur de se moquer du physique de quelqu'un et censure un autre qui se moque de l'intellect du premier. Je sais que ce ne sera pas publié, mais je le dis: ce journal est gratuit parce qu'il ne vaut pas davantage.
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