Je souffre de phobie sociale – la peur des gens

Avoir peur des araignées est compréhensible. Mais quand on a peur des gens, on est simplement considéré comme timide. Notre journaliste n’est pas timide, elle souffre de phobie sociale. Elle nous explique ce que vivre avec cette peur au quotidien veut vra

Des gouttes de sueur apparaissent sur ma lèvre supérieure. Mes mains tremblent, ma respiration s’accélère, mon cœur bat la chamade. J’ai l’impression que je vais m’évanouir. Je sais très bien ce qui m’arrive: une crise de panique. La panique m’accompagne partout, tout le temps – je souffre de phobie sociale.

Les réunions et autres rencontres de ce genre sont une pure horreur: soit je suis comme gelée sur place, incapable de bouger, soit je bascule dans le mode attaque. C’est l’un ou l’autre, il n’y a pas de juste milieu. Je me sens nauséeuse. A chaque fois que je m’emmêle, je deviens rouge écarlate. A la fin de la réunion, une seule pensée tourne en boucle dans ma tête: «Que pensent les autres de moi maintenant ?».  Des évènements complétement anodins sont tellement ancrés dans ma mémoire que j’y pense encore deux ans après. Je sais que c’est idiot. Mais je ne peux rien y faire.

Phobie sociale et timidité sont deux choses différentes

«Tu es timide, c’est tout» et «Tout le monde a le trac» sont des phrases que j’entends souvent quand je parle de ma phobie sociale. Ce n’est pas si simple que ça malheureusement, comme l’explique le professeur et docteur Jiri Modestin, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie au centre de traitement de la peur et de la dépression de Zurich: «La phobie sociale est une maladie. La timidité, au contraire, est un trait de caractère anodin». De plus, la maladie se différencie par son intensité et sa durée. En cas de crise de panique, le cerveau réagit de façon complétement exagérée.

Mais je ne suis pas la seule à souffrir d’un trouble anxieux. La phobie sociale fait partie des troubles anxieux les plus fréquents: en Suisse, 7 personnes sur 100 en souffrent. Nous doutons tous de nous-mêmes, nous nous sentons inférieurs aux autres et avons peur d’être rejetés ou mal vus.

La thérapie peut durer des années

Ma peur d’être jugée ou condamnée par les autres devient si grande que n’ose plus manger en public. Quand mes amis sortent faire la fête, je reste chez moi. Quand un numéro inconnu appelle, je ne décroche pas, si quelqu’un que je ne connais pas sonne à la porte, je n’ouvre pas. Ma peur du contact humain croît de jour en jour. Mais beaucoup de gens interprètent mal mon comportement et me considèrent comme quelqu’un d’arrogant, désintéressé ou froid, alors que c’est la peur qui dirige ma vie et donc mon comportement.

La bonne nouvelle, c’est que quasiment toutes les peurs peuvent être vaincues à l’aide de thérapies. «Les personnes concernées peuvent être traitées par psychothérapie, souvent cognitivo-comportementale», explique le Dr. Modestin.  La durée de la thérapie dépend du patient. «Avec un peu de chance, la thérapie ne dure que quelques semaines. Mais dans les cas difficiles, elle peut durer des mois voire des années.»

Il faut affronter sa peur

Je dois donc affronter ma peur pour la vaincre. Mais qu’est-ce que je fais pendant un crise de panique, quand mon cœur est à deux doigts d’exploser dans ma poitrine? «Il n’existe pas vraiment d’astuce pour surmonter la peur pendant une attaque. La composante cognitive surestime totalement le prétendu danger, il faut corriger cela mentalement, mais il faut de l’entraînement pour y arriver», explique le professeur. De l’entraînement, j’en ai: à chaque fois que je parle devant des gens ou au  téléphone, quand je mange en public, pendant les réunions ou lors de sorties avec mes amis.» La peur veut la guerre, alors elle l’aura. Et elle la perdra.


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22 Commentaires

Patrice il y a 9 Mois
C'est marrant il y a des symptômes similaires avec les hyper émotifs, j'avais beaucoup aimé le film "les émotifs anonymes" qui traite gentiment de ce problème méconnu. Pour ma part j'ai subi un traitement choc, devenir formateur pour adulte. Plus personne pour se cacher derrière, on est au front. Ce qui m'a aidé, me persuader que le contenu du cours intéresse plus les gens que ma petite personne. Il y a encore parfois des petites crises à gérer mais dans l'ensemble ça a bien évolué. bon courage
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Réponse du Astrid M il y a 9 Mois
la peur de l'autre, de la vision qu'il a de vous même est un réflèxe d'autoprotection.. et effectivement c'est du même ordre que l'hyper émotivité en général, mais centré sur cette émotion. et la fausse image négative qu'on a de soi même ne fait qu'amplifier le problème. on devient son propre ennemi en pensant que les autres sont aussi hostiles qu'on l'est envers soi même.. reprendre confiance en soi est primordial.. et j'arrete là, je commence à ressembler a un pasteur évangéliste avec ce que je raconte... 😃
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Vava il y a 9 Mois
Comme je vous comprends. J'ai vécu ça durant en tout cas deux ans et j'ai encore des petits rechutes. Principalement lors de séances au travail. Mais je vais de mieux en mieux chaque jour. C'est difficile de faire en sorte que nos pensées de prennent pas le dessus. Beaucoup de courage à tous et n'hésitez pas à vous faire aider.
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Réponse du Astrid M il y a 9 Mois
merci pour ce message d'espoir. c'est effectivement un dur combat de tous les jours, et qui se gagne pas à pas, mais oui, on peut le gagner. si tous ces gens y arrivent, vous aussi vous pouvez y arriver. 😃
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