Des films qui réunissent jeunesse, sexe et violence

Dans ses courts métrages, Jordi Estrada, cinéaste espagnol ayant reçu de nombreux prix, nous emmène dans un monde de rêves érotiques, auquel seuls les jeunes ont accès. Il nous a accordé une interview et nous a parlé de sa vision.

Jordi Estrada est un jeune cinéaste de Barcelone. Il a un faible pour l’esthétique de la sexualité des jeunes et pour les relations sadomasochistes. Cette attirance se retrouve dans ses clips musicaux et ses courts métrages, pour lesquels il a déjà reçu de nombreux prix. Des vidéos sombres, très artistiques, mais surtout extrêmement érotiques, dans lesquelles le réalisateur montre la beauté de la jeunesse, de l’amour et de la violence voulue pleine de tension sexuelle.

Nous sommes allés à la rencontre de ce jeune talent exceptionnel, pour parler de son inspiration, de sa fascination pour la jeunesse éternelle et l’épanouissement sexuel et pour savoir ce que cela fait de tourner des scènes de sexe avec des amateurs.

Salut Jordi, comment ça va? Comment va la vie?
Tout va à merveille ces derniers temps, je suis de bonne humeur et optimiste, même si j’ai beaucoup de boulot. Actuellement, je suis en train de terminer le nouveau clip du fantastique groupe de pop Algodón Egipcio. Ça parle de la relation tumultueuse, mais magnifique et profonde, entre un partenaire dominant et un soumis.

Parle-nous un peu de toi.
Je suis un artiste cinématographique de 30 ans qui réalise surtout des productions indépendantes. Je vis à Barcelone avec mon petit ami Leo, nous y réalisons des courts métrages, des clips musicaux et travaillons sur d’autres projets. Nous partageons la même vision esthétique. Quelquefois, nous restons simplement au lit à nous détendre.

Comment es-tu devenu cinéaste?
J’ai étudié la réalisation dans une école renommée de cinématographie, l’ESCAC, j’ai appris beaucoup de choses sur la technique. Mais il me manquait l’approche créative et l’âme artistique. J’ai appris cela par moi-même et avec l’aide d’amis et de collègues.

En plus du sexe, le thème de la jeunesse est très présent dans tes films.
Je montre ma vision personnelle de la jeunesse, une vision idéalisée et sophistiquée. Ma puberté ne s’est pas très bien passée, j’étais seul et très timide. Je pense que je surmonte cette époque en utilisant les jeunes personnages de mes films comme des alter ego, en rattrapant à travers eux ce que j’ai raté.

Comment décrirais-tu ton style de façon générale?
Mes créations contiennent une certaine mélancolie. Quelque chose de triste, qui est en même temps rêveur et nostalgique. Des personnages qui sont isolés du reste du monde, du cynisme des adultes, de la pression de l’avenir. Un monde où l’important est de se découvrir soi-même, de découvrir le monde, d’être shooté et de baiser. Etre jeune veut dire être libre.

Comment cela influence-t-il ton travail?
Je crois que la peur de grandir me pousse à m’enfuir dans un monde imaginaire. Mon film «Just Like Arcadia» parle exactement de cela. Le protagoniste est un homme adulte, qui tombe amoureux d’un garçon et qui essaie sans succès d’être accepté dans son monde. Un paradis de jeunesse éternelle auquel les adultes n’ont pas accès.

«Just Like Arcadia» a été nominé pour plusieurs prix et le film a été diffusé dans divers festivals.
Je suis très fier du succès d’«Arcadia». C’est un projet très spécial et très personnel, il est fondé sur des expériences réelles et personnelles. Cette énorme résonance, de la part des jurys de festivals et des spectateurs de partout dans le monde, me rend vraiment heureux.

Ton court métrage«Our Immortal Day» rencontre également beaucoup de succès en ce moment.
C’est censé représenter un genre de rêve, un contraste et en même temps une interaction entre des images, des idées, des sphères et des sentiments. Une histoire d’amour basée sur le désir, le plaisir, l’humiliation, la dépendance, la douleur et le pouvoir. L’autodestruction comme chemin vers une liberté, où la destruction et le dévouement total coexistent en tant qu’amour romantique éternel.

Ta représentation d’actes sexuels et sadomasochistes est très explicite. Tu travailles surtout avec des amateurs et des mannequins. A quel point est-ce difficile de tourner des scènes si intimes?
Lors du tournage d'«Our Immortal Day», j’ai pu travailler avec quatre jeunes mannequins, qui avaient tous des personnalités très différentes et qui se sont donc mis dans le film chacun à sa façon. Il n’est évidemment pas toujours facile de plonger dans un monde de sexualité et de dominance devant les caméras. Mais l’équipe était très petite et familiale et tout était très professionnel. Il n’y a pas vraiment eu de problèmes, en fait.

As-tu des buts dans la vie? Qu’aimerais-tu encore accomplir?
Je veux juste continuer à travailler dans ma niche. C’est peut-être égoïste, mais mon travail remplace une thérapie. Chaque projet que je réalise satisfait mes exigences, mes pensées et mes intérêts. Mon but principal est de m’améliorer encore et encore et de m’épanouir.

"NUESTRO DÍA INMORTAL" (Our immortal day) from Jordi Estrada on Vimeo.


Écris un commentaire

2 Commentaires

Dédé il y a 4 Mois
Ben c'est surtout un Larry Clark... avec les mêmes "passions"
4
0
Réponse
Réponse du nina il y a 4 Mois
bref tirez la chasse avant de sortir, merci..
5
0
Réponse
Mets ton pote trop bronzé dans la machine à laver

Mets ton pote trop bronzé dans la machine à laver

Même Cendrillon pourrait être une esclave sexuelle

Même Cendrillon pourrait être une esclave sexuelle

Des cartes postales odieuses mais charmantes

Des cartes postales odieuses mais charmantes

Et si Jésus avait eu un iPhone?

Et si Jésus avait eu un iPhone?