«C'est pas si horrible tant qu'il ne te frappe pas»

Sous le hashtag #MaybeHeDoesntHitYou, les victimes de violences émotionnelles racontent leurs expérience. Elles veulent attirer l’attention sur les diverses formes d’abus.

Les relations violentes ne se manifestent pas forcément à travers des coquards ou des os cassés – il y a bien des manières différentes de subir de la maltraitance. Les actes de violence ne sont pas nécessairement physiques, ils commencent souvent par de la manipulation mentale qui se traduit par une forme d’ignorance de l’autre, des mensonges, des insultes, une certaine domination, etc. Le hashtag #MaybeHeDoesntHitYou souhaite attirer notre attention à ce sujet.

Les personnes concernées partagent les expériences qu’elles ont vécues afin d’encourager d’autre victime d’abus émotionnel: «Peut-être qu’il ne te frappe pas, mais chaque fois que tu lui expliques ce que tu ressens, il parle d’un sujet sans aucun rapport juste pour que tu te sentes obligée de t’excuser.» «Peut-être qu’il ne te frappe pas, mais tu remets en question ta propre valeur à cause de toutes les choses négatives pour lesquelles il te tient responsable.»

«Ça peut pas être si horrible si ton mec ne te frappe pas»

En Suisse, une femme sur trois et un homme sur sept font l’expérience de violences entre l’âge de un an et seize ans. C’est particulièrement problématique, surtout lorsque les formes de violences émotionnelles ne sont pas prises au sérieux et ne sont pas considérées comme de l’abus par la loi. «Ça ne peut pas être si terrible, tant que votre partenaire ne vous frappe pas» est le genre de phrase que certaines personnes qui souffrent peuvent entendre. Dans les pires des cas, ces gens vulnérables peuvent être mentalement détruits et aller jusqu’au suicide.

Pour briser le silence et attirer l’attention sur ce réel problème, des milliers de femmes et d’hommes ont raconté leurs expériences traumatisantes à travers ce hashtag lancé par l’artiste et écrivaine latine Américaine, Zahira Kelly.


Écris un commentaire

16 Commentaires

Dany il y a 17 jours
Il (elle) tape une fois et c'est basta. De même pour les abus verbaux. C'est aussi simple que cela. La devise "vaut mieux être seul que mal accompagné" là je suis 100% d'accord. Le vrai amour vient toujours... 😉
1
0
Réponse
Réponse du il y a 14 jours
C'est toujours facile de dire "c'est aussi simple que cela" alors que non, justement, ce n'est pas si simple que cela...
4
0
Réponse
Proverbe indien il y a 18 jours
"L'amour du méchant est plus destructeur que sa haine" * *ça marche aussi pour "méchante"
2
2
Réponse
Lila il y a 18 jours
La violence psychologique fait plus de dégâts que la violence physique, je l'ai appris lors de mes études et je l'ai vécu durant de nombreuses années avec mon ex-mari qui est aussi le père de ma fille. C'est une violence sournoise, perverse et extrêmement destructice. Elle atteint l'estime de soi et use de la culpabilité que ressent la victime à ne pas comprendre ce qu'il se passe et à se sentir avec le temps une moins que rien. C'est une manipulation mentale hors norme qui peut pousser à la mort. Les personnes qui jugent ou minimisent cela sont dans l'ignorance totale de cette forme d'emprise qui fait des ravages intérieurs qu'on ne peut imaginer sans l'avoir côtoyé ou vécu. Les personnes qui sont à l'origine de cette violence sont ce que j'appelle "des tueurs en série du silence", ils œuvrent en toute discrétion face aux regard de leur entourage et seule la victime connaît leur vrai visage. C'est ce qui est d'autant plus difficile lorsque l'on réalise ce qu'il se passe et que l'on veut s'en sortir car l'entourage de ces manipulateurs ne peuvent pas imaginer qu'ils puissent se comporter d'une manière si terrible et violente dans l'intimité de leur relation. Ils ont souvent une bonne image à l'extérieur et travaillent justement toute leur vie sur leur image pour ne pas être démasqués. Ces manipulateurs agissent dans un premier temps dans la séduction avec leur victime et commencent à agir lorsqu'elle se sent en totale confiance avec eux. Pour ma part la destruction psychologique a vraiment commencé lorsque j'étais enceinte après plus de deux ans de relation. C'est un long chemin pour conprendre ce qu'il nous arrive et commencer à s'en sortir. Et quand on commence à le faire on est confronté à cette image lisse et parfaite du manipulateur à l'extérieur et par le fait que dans un premier temps peu de personnes nous croient et arrivent à imaginer la face cachée de leur ami, collègue ou membre de leur famille. Et c'est un deuxième coup de poignard pour la victime qui doit lutter pour être entendue et reconnue dans la destruction de ce qu'elle a vécu. Il faut beaucoup de courage, de force et de persévérance pour sortir la tête de l'eau et arriver à se reconstruire. Il faut se faire aider par les bons professionnels et savoir que le parcours sera long. Un manipulateur ne lâche pas sa proie comme ça (d'autant plus si il y a un ou des enfants en commun qu'il va utiliser pour continuer sa destruction) et va tout faire pour que la vérité ne sorte jamais. Je transmet toute ma compassion et mon courage à toutes les victimes de violence psychologique. Il est possible de s'en sortir, c'est un long combat mais les portes de sorties existent et il ne faut jamais perdre espoir d'y arriver.
20
0
Réponse
Quand un robot américain défie un japonais

Quand un robot américain défie un japonais

L'interview décalée du duo Ofenbach

L'interview décalée du duo Ofenbach

«Ma première fois était un viol»

«Ma première fois était un viol»

Ils sont des milliers à aimer ça

Ils sont des milliers à aimer ça